Le gouvernement comme plate-forme collaborative

Nous assistons présentement à une crise de confiance majeure. Au Québec comme ailleurs, les citoyens se sentent exclus des décisions qui les concernent et le cynisme est à la hausse. Depuis l’avènement du web et encore plus depuis celle de la mobilité offerte par la multiplication des téléphones intelligents, tablettes et surtout des contenus produits par leurs utilisateurs, les gouvernements cherchent à s’adapter et à participer à une conversation de laquelle ils sont de plus en plus exclus. Un réajustement du rôle et de façons de faire de nos États est aujourd’hui incontournable.

Comme citoyen je réfléchis depuis longtemps à l’avenir de nos gouvernements; au type de société que je voudrais léger à mes petits-enfants. Comme tous les membres du comité, je suis de ceux qui croient que le futur des gouvernements passe une vision du numérique génératrice d’un profond changement de culture. D’une culture du « secret par défaut, ouvert par nécessité » nous devons passer à celle de l’« ouvert par défaut, secret par nécessité ».

Puisque c’est de notre État, de notre gouvernement dont il est question c’est à travers l’établissement d’un nouveau dialogue que nous pourrons y parvenir. Comme l’expérience le démontre, les solutions existent, mais elles ne sont plus seulement à l’intérieur des structures publiques et passent par une contribution beaucoup plus active des acteurs de la société civile. C’est cette conviction qui m’a motivé à fonder le collectif démocratie ouverte.

En fait, le gouvernement ouvert est un mouvement mondial pour amener les gouvernements à l’ère numérique en rendant accessibles par défaut les données publiques et en créant de nouvelles opportunités pour l’engagement des citoyens à travers l’usage des technologies web. Selon l’OGP un gouvernement ouvert s’appuie sur une simple équation : Transparence + collaboration directe avec les citoyens = CONFIANCE, efficience, imputabilité et performance Pour moi, un gouvernement ouvert est une étape incontournable vers un gouvernement plus « intelligent ».

Pour y parvenir, les États doivent passer d’un statut de producteur de services à celui de diffuseur et de récepteur d’information vers et en provenance de la population qu’ils desservent. Grâce aux outils numériques, ils peuvent se transformer et devenir progressivement des plates-formes de collaboration qui, à travers un accès étendu aux données qu’elles diffusent, se mettent en contact direct, se connectent sur l’intelligence collective. Ces grands principes de démocratie ouverte s’appuient aussi sur une réalité économique incontournable. Nous n’avons simplement plus les moyens de continuer dans les façons de faire actuelles.

Devant l’escalade des coûts liés aux technologies de l’information, dans un contexte où les finances publiques sont de plus en plus sollicitées pour les missions principales de l’État et alors que le gouvernement et la société civile s’interrogent sur les retombées réelles des milliards dépensés en TI à Québec, un réalignement s’impose. En plus de tous les bénéfices, sociaux, culturels et démocratiques, je crois personnellement qu’un gouvernement comme plate-forme se traduira aussi par des économies récurrentes substantielles.

Rêve éveillé ou cible d’affaires crédible?

Depuis les dernières années, la plupart des observateurs reconnaissent que nos gouvernements ne se sont pas donné de véritable cible, de véritable vision d’avenir de la prestation de service public, encore moins de véritable stratégie pour prendre le virage du numérique. Les effets combinés de l’absence de leadership et d’une gouvernance avenante sont en partie responsables du retard que le Québec accuse aujourd’hui. Alors que la planète numérique s’éveille, alors que de plus en plus de leaders politiques de partout dans le monde intègrent et comprennent ses avantages sociopolitiques majeurs, alors que les pays se donnent des stratégies nationales qui leur permettent de profiter de tous ces bénéfices, ici au Québec le numérique est abscent du discours de noe élus.

Un exemple qui m’a personnellement soufflé. Alors que la corruption et les solutions pour y faire face ont rarement été aussi présentes du discours public, à peu près personne n’a fait mention de ce qui se vit de plus en plus universellement. La publication massive sur le web des dépenses publiques. Rendre tous les citoyens garants de l’intégrité de ceux qui engagent les fonds publics par la publication de tableaux de bord interactifs. En plus de rendre la corruption plus compliquée, cette approche permet d’augmenter l’imputabilité et la performance des organisations par le partage des meilleures pratiques. Voilà quelques une des raisons qui m’ont motivé à poser les gestes qui ont conduit à la création du comité bénévole sur le numérique. Je suis personnellement convaincu de notre pertinence et de la force des Québécois rassemblés dans une démarche collective structurée. Cette contribution fera avancer le Québec.

Jean-François Gauthier

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